Cinq raisons pour ne pas angoisser avec son poids pendant ses règles

Dans le cadre de mon travail de nutritionniste, mes clientes me confient souvent avoir des rages alimentaires pendant leurs règles. Ce comportement est loin d’être anodin car il apporte son lot d’inquiétudes. L’impression de perdre le contrôle ouvre la porte (bien grande) à la culpabilité de trop manger et à l’angoisse de grossir. 

J’ai fouillé la littérature scientifique pour mieux comprendre les rages alimentaires et la préoccupation excessive à l’égard du poids corporel, spécifiquement au cours de cette période.

Pour ce billet, je vous présente cinq raisons pour ne pas angoisser avec son poids pendant ses règles.

Photo : Alex Loup/Unsplash

Photo : Alex Loup/Unsplash

1. Hormones ovariennes

Pendant la phase lutéale du cycle menstruel, qui débute après l’ovulation et qui se termine à la première journée des règles, la sécrétion de progestérone augmente alors que la sécrétion d’œstrogènes diminue. Ces hormones peuvent exercer une influence sur la prise alimentaire en réponse à des émotions. À moins d’avoir des pouvoirs magiques, il est impossible de contrôler le dosage de ses hormones par la volonté. 

2. Rages alimentaires

Il est fréquent d’avoir une attirance pour certains aliments pendant les règles, comme le chocolat, la crème glacée et les croustilles. Je suggère d’adopter une attitude bienveillante et d’accueillir ces envies temporaires. Les aliments qui nous font sentir coupables sont généralement mangés rapidement ou même engloutis. Je recommande plutôt de manger ces aliments en pleine conscience afin de faire l’expérience des aliments.

3. Préoccupations excessives

Les préoccupations à l’égard du poids corporel sont plus prononcées juste avant le début des règles, en raison des rages alimentaires déclenchées par les changements hormonaux. L’impression de perdre le contrôle et le fait d’être attirée par certains aliments peut mener à des inquiétudes. Ces comportements sont expliqués par les règles et ils finissent par s’estomper après quelques jours.

4. État affectif

Pendant les règles, il est courant de ressentir des émotions comme l’anxiété, l’irritabilité et la tristesse. Ces émotions peuvent avoir des répercussions sur l’image corporelle et la confiance en soi. Les pensées négatives en lien avec l’apparence sont davantage présentes les jours qui précèdent les règles. Je vous invite à ne pas être trop critiques pendant cette période de fragilité émotionnelle.

5. Variations de poids

Au cours du cycle menstruel, le poids ne varie pas de façon considérable. Toutefois, de légères variations de poids peuvent être observées, plus spécifiquement trois jours avant le début des règles. Ce phénomène peut être expliqué par la rétention d’eau et aussi parce que le poids varie naturellement d’une journée à l’autre, peu importe le moment du cycle menstruel. C’est normal.

Un cycle menstruel comprend environ 90 repas et parfois autant de collations. Un seul repas ne peut pas être tenu responsable d’une prise de poids à long terme. Notre poids corporel est plutôt influencé par ce que l’on mange régulièrement au fil des jours, des mois et des années. 

La prise alimentaire est influencée par les hormones ovariennes. Les rages alimentaires et les préoccupations à l’égard du poids corporel pendant les règles sont associées au cycle menstruel. Les pensées négatives et de légères variations de poids sont considérées normales. 

Pour toutes ces raisons, je vous invite à fermer la porte (à clé) à la culpabilité de trop manger et à l’angoisse de grossir pendant vos règles.

Je remercie Charlotte Brochu, stagiaire au baccalauréat en nutrition à l’Université Laval, pour sa collaboration à la rédaction de ce billet.

Références

Gorczyca AM et coll. Changes in macronutrient, micronutrient, and food group intakes throughout the menstrual cycle in healthy, premenopausal women. European journal of nutrition. 2016;55(3):1181-1188.

Hildebrandt BA et coll. The effects of ovarian hormones and emotional eating on changes in weight preoccupation across the menstrual cycle. The International journal of eating disorders. 2015;48(5):477-486.

Klump KL et coll. The interactive effects of estrogen and progesterone on changes in emotional eating across the menstrual cycle. Journal of abnormal psychology. 2013;122(1):131-137.