Histoires de pâtisseries

Que connaissez-vous du paris-brest, de la madeleine et du millefeuille? Oui, ce sont de délicieuses pâtisseries d’origine française. Et si je vous demande en quoi ces pâtisseries sont-elles riches? Me répondrez-vous : en calories? Si oui, je vous supplie de lire mon billet jusqu’à la fin car votre réponse risque de changer.

Si vous avez la dent sucrée ou si vous avez l’habitude de calculer le nombre de calories des desserts, je vous invite à remplacer la culpabilité par l’émerveillement avec mes cinq petites histoires de pâtisseries.

1. Paris à Brest en vélo

L’inventeur du populaire paris-brest est un boulanger au nom inconnu de la région parisienne. Il créa cette couronne en pâte à choux en l’honneur de la course cycliste Paris-Brest de 1891 qui passait devant sa porte. L’épreuve était en vérité un trajet de 1200 km Paris-Brest-Paris, mais il semble que seulement l’aller fut ainsi célébré. En forme de roue, le paris-brest est fourré de crème pralinée, parsemé d’amandes effilées et saupoudré de sucre en poudre.  

2. Madeleine de Commercy

Originaire de Commercy, la madeleine est un succès à la fois culinaire et littéraire. Elle fut immortalisée dans Du côté de chez Swann par l’écrivain français Marcel Proust. C’est un petit gâteau cuit dans un moule en forme de coquille. Les madeleines sont habituellement au citron ou à la vanille et dégustées au pluriel en raison de leur petite taille. L’histoire de 1755 raconte que c’est en remplaçant un pâtissier qui venait de démissionner qu’une talentueuse servante y a laissé son nom.

3. Pâte feuilletée aux mille feuilles

Créé par un certain Rouget, le millefeuille fut popularisé en 1867 par Sergent, un pâtissier parisien qui le proposa à sa clientèle. Des centaines de millefeuilles étaient vendus quotidiennement! Le millefeuille classique est composé d’abaisses de pâte feuilletée superposées entre lesquelles on étale des couches de crème pâtissière. Plusieurs variétés existent, notamment avec des fraises ou des framboises, de la confiture ou de la compote.

4. Pâtisserie des financiers

Auparavant appelé visitandine, le financier a été remis au goût du jour par le pâtissier français Lasne en 1890. Comme son magasin était tout près de la Bourse de Paris, sa clientèle était majoritairement composée de financiers souhaitant s’offrir une petite douceur sans se salir les doigts. Petit gâteau rectangulaire, moelleux et fondant, fabriqué avec des amandes en poudre et des blancs d’œufs, le financier a la forme et la couleur d’un petit lingot d’or.

5. Éclair à savourer longuement

L’éclair a été créé par un pâtissier lyonnais de nom inconnu. Fait de pâte à choux, l’éclair n’a pas toujours eu sa forme, ni son nom actuel. Il a servi à confectionner les croquembouches, puis s’est appelé « duchesse » alors qu’il était roulé dans des amandes hachées. L’éclair est maintenant fourré de crème pâtissière, glacé surtout au café ou au chocolat. Il peut être de plusieurs tailles, mais sa destinée est d’être englouti en une seule fois. En un éclair, d’où son nom!

La prochaine fois que vous vous trouverez devant le comptoir des pâtisseries, j’espère que vous penserez à mes histoires de paris-brest, de madeleine, de millefeuille, de financier et d’éclair. Avant d’être riches en calories, les pâtisseries sont riches en histoire!

Note et références

Il existe plusieurs histoires sur l’origine de la madeleine. Toutefois, tous s’entendent pour dire qu’elle provient de Commercy en Lorraine.

Maguelonne Toussaint-Samat. La très belle et très exquise histoire des gâteaux et des friandises. Flammarion, 2004. Kim Rowney, Lulu Grimes, Kay Halsey. Tout ce que votre mère aurait dû vous apprendre en cuisine. Marabout, 2001. Les cuisines du monde. Larousse, 1994.