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Si je n’étais pas si gourmande…

Dans le cadre de mon travail de nutritionniste, il m’arrive régulièrement d’entendre : « si je n’étais pas si gourmande, j’aurais peut-être moins de difficulté avec mon poids ». Comme ce commentaire est souvent mentionné par des femmes, j’ai volontairement utilisé la forme féminine.

La gourmandise est trop souvent considérée comme un vice, un péché ou quelque chose de grave. Mais si elle est synonyme de péché et de gloutonnerie pour certaines, la gourmandise semble être associée au plaisir et à l’art d’apprécier la gastronomie pour d’autres.

Pour ce billet, je vous présente quatre mises au point concernant la gourmandise.

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Blogue 13 décembre 2014

1. La gourmande n’est pas une gloutonne

La gourmande mange avec envie et aime les meilleurs morceaux, alors que la gloutonne mange avec excès et probablement à un rythme très rapide. « Celui qui distingue la vraie saveur de ce qu’il mange ne sera jamais un glouton; celui qui ne le fait pas ne peut pas être autre chose ». Cette citation de Henry David Thoreau, essayiste et philosophe américain, reflète bien la distinction entre la gourmandise et la gloutonnerie. La gourmande déguste ce qu’elle mange, alors que la gloutonne s’apparente plutôt à une prédatrice qui dévore son repas.

2. La gourmande mange de façon consciente

La gourmande a tendance à manger de façon consciente et à être attentive à ses préférences alimentaires, comparativement à manger tous les aliments qui se trouvent devant elle, indépendamment de son niveau de plaisir gustatif. En mangeant de façon plus consciente, la gourmande ressentirait mieux la diminution du plaisir gustatif qui s’estompe en même temps que sa sensation de faim. Ainsi, la gourmande risque davantage de s’arrêter de manger au bon moment, c’est-à-dire lorsqu’elle se sent satisfaite et rassasiée.

3. La gourmande ne mange pas plus que les autres

Dans les définitions de la gourmandise, on ne mentionne pas de quantité d’aliments ou d’excès potentiels de la part de la gourmande. Cette confusion provient de la religion catholique où la gourmandise est le septième péché capital qui est synonyme d’excès, de goinfrerie et de gloutonnerie. La gourmande semble plutôt avoir du plaisir à manger les aliments dont elle a envie, dans une quantité qui correspond à sa faim. À cet effet, Alphonse Daudet, écrivain et auteur français a écrit : « La gourmandise commence quand on n’a plus faim ».

La gourmandise commence quand on n’a plus faim.

4. La gourmande ressent du plaisir à manger

Vous ressentez du plaisir à manger? J’en suis ravie puisque la satisfaction et le plaisir de manger favorisent des comportements alimentaires sains. Être gourmande, c’est aussi être capable de s’abandonner aux plaisirs alimentaires quotidiens, visiter les marchés publics, choisir avec soin ses recettes et ses ingrédients, faire ses emplettes dans ses épiceries préférées, s’attarder aux couleurs et aux odeurs des aliments, découvrir de nouvelles saveurs, etc. La gourmande est loin de culpabiliser son plaisir de manger.

Et si la gourmande était parfaitement normale?

La gourmande est loin d’avaler ses aliments tout ronds et de trop manger. La gourmande a plutôt tendance à manger consciemment et à ressentir du plaisir à manger.

P.-S. La prochaine fois qu’on vous qualifiera de gourmande, dites merci! 🌸

Mathieu J. What should you know about mindful and intuitive eating? J Am Diet Assoc. 2009;109(12):1982-1987.

La gourmandise – Freud aux fourneaux. Patrick Avrane, Éditions du Seuil, 2009.

Brillat-Savarin JA. Physiologie du goût. Flammarion, 2009.

Un coup de coeur de voyage : La librairie gourmande, 92/96 rue Montmartre, 75002 Paris.

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