Cinq petites phrases alimentaires au pouvoir insidieux

1. Gâte-toi

Quoi? Je n’aime pas qu’on me dise de me gâter parce que ce n’est jamais pour un concombre ou une tomate. À un moment donné, quelqu’un a décidé que certains aliments étaient interdits et qu’il me donnait la permission de transgresser mes règles alimentaires. Désolée! Je n’ai pas d’aliments interdits, ni de règles alimentaires. Ce quelqu’un peut garder sa crème glacée triple chocolat avec un enrobage épais.

2. Petit plaisir coupable

Je suis certaine qu’un plaisir peut être de taille normale ou même grand. Même que je me demande surtout pourquoi le mot « plaisir » est si souvent accompagné du mot « coupable ». Est-ce que ce sont des amis inséparables? J’ai l’impression qu’on tente de me faire la morale et que si j’ai le malheur de ressentir un petit plaisir, la culpabilité se chargera de me ramener sur le droit chemin! C’est non.

3. Contrôle ta gourmandise

Certainement pas! La gourmandise permet de s’abandonner aux plaisirs alimentaires quotidiens, de choisir avec soin ses recettes et ses ingrédients, de faire ses emplettes dans ses épiceries préférées, de s’attarder aux couleurs et aux odeurs des aliments et de découvrir de nouvelles saveurs. Le gourmand ne culpabilise pas son plaisir de manger alors je me réserve le droit de contrôler ce qui doit l’être!

Quand il s’agit d’une carotte ou d’un radis, on ne dit pas à quelqu’un d’en profiter pour une fois.

4. Péché suprême

Tant que ça? Mon appétit est coupé juste à l’idée que l’aliment dans ma bouche est un péché suprême! Je me donne plutôt la permission de manger les aliments dont j’ai envie lorsque je ressens la faim. Il se peut que ce soit du fromage, du riz, une croustille Mrs Vickie’s pliée en quatre ou de la crème glacée. Peu importe, il s’agit de ma préférence alimentaire du moment et non d’un péché suprême.

5. Profites-en pour une fois

C’est un peu chiche juste une fois! Quand je décide de manger un aliment, je suppose que ce n’est pas la dernière fois de ma vie. Ce qui implique aussi l’absence de privation et de compensation. Curieusement, quand il s’agit d’une carotte ou d’un radis, on ne dit pas à quelqu’un d’en profiter pour une fois. Cette phrase m’apparait comme une invitation à désobéir alors qu’on n’a pas à se justifier.

Ai-je trop lu d’articles sur la sociologie alimentaire depuis quelques jours? Suis-je impatiente? Est-ce que j’analyse trop le sens des mots? Je ne sais pas. Mais j’aimerais qu’on nous laisse manger en paix.

Ces petites phrases alimentaires au pouvoir insidieux occupent-elles vos pensées? Si oui, comment pensez-vous qu’elles influencent votre relation avec la nourriture?

Gravel K. Comportements alimentaires : quand la tête fait de l’ombre aux papilles. Congrès de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec – Oser l’avenir, Montréal, 23-24 septembre 2016.

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