Cinq faits concernant la pseudoscience

Qu’est-ce qui est commun à l’astrologie, les fantômes, l’homéopathie et les anges? C’est la pseudoscience qui est une discipline ou une idée présentée sous des apparences scientifiques, mais qui n’a rien à voir avec la science. 

Alors pourquoi la pseudoscience occupe tant de place dans notre société? Parce que l’humain a tendance à vouloir expliquer certains phénomènes sans faire trop d’efforts. Erreur! Pour ce billet, je dénonce cinq faits concernant la pseudoscience.

1. PAS BESOIN D'UNE ÉTUDE POUR SAVOIR ÇA

Oui, justement. Même un traitement qui peut sembler logique doit être mesuré scientifiquement, afin de confirmer son efficacité « pour vrai » et son absence d’effets non souhaitables sur la santé. L’efficacité d’un traitement ne se mesure pas nécessairement à l’œil! De plus, deux évènements ou caractéristiques qui surviennent en même temps ne sont pas nécessairement liés, alors que l’un n’a pas nécessairement causé l’autre. Ce sont des principes de base en science.

2. LE VOCABULAIRE SCIENTIFIQUE SANS LA MÉTHODE

En pseudoscience, des mots savants sont utilisés dans le discours afin d’impressionner, mais sans la méthodologie rigoureuse de la science. Si vous questionnez un pseudoscientifique, il vous accusera probablement de complot ou de conspiration! La méthode scientifique est constituée d’étapes précises, dont la phase d’expérimentation et l’analyse des résultats obtenus. Cette méthode sert à supporter ou infirmer une hypothèse de recherche et à faire progresser les connaissances.

3. UN FAIT VÉCU N'EST PAS UNE PREUVE

Tout est arrivé à quelqu’un à un moment donné dans l’univers! C’est arrivé à la voisine, vous l’avez entendu ou vous l’avez lu sur internet mais il n’y aucune science qui appuie la dite chose. Un fait vécu, une anecdote ou un témoignage n’a aucune valeur au niveau de la preuve scientifique, même si la vedette est belle ou si la voisine est gentille et bien intentionnée. Évidemment, l’observation d’un fait vécu peut inspirer un scientifique à mesurer un phénomène mais c’est autre chose. 

4. REPRÉSENTATION DES GOUROUS

Les gourous de la pseudoscience sont bien représentés sur les publicités imprimées. Ces gourous vendent souvent des cures, des pilules ou des onguents miraculeux. Je pense à ce figurant déguisé  en chercheur avec son sarrau et qui observe n’importe quoi dans son microscope pour une publicité de perte de poids. Je pense aussi à ce médecin supposément grand spécialiste de l’amaigrissement qui n’a aucune publication scientifique malgré ses cheveux gris. C’est impossible!

5. LA SCIENCE N'EXPLIQUE PAS TOUT

Effectivement et ce n’est pas une raison pour affirmer n’importe quoi! La pseudoscience a toujours une solution, même quand la science n’arrive pas encore expliquer le mécanisme d’un phénomène. Malheureusement, je constate que la pseudoscience profite souvent de la vulnérabilité des personnes malades qui ont besoin d’un traitement ou dont l’accès aux soins de santé est ardu, soit par un trop long délai d’attente ou un temps de consultation inapproprié.

Alors comment échapper à la pseudoscience? En aiguisant son sens critique! Comment? Doutez, entourez-vous de professionnels dont les interventions sont basées sur des données scientifiques et posez souvent des questions car la science évolue.

RÉFÉRENCE ET RESSOURCES

Lee C et coll. Evidence-based practice : separating science from pseudoscience. Canadian Journal of Psychiatry 2015;60(12):534-540.

Un excellent livre sur la pseudoscience : Serge Larivée. Quand le paranormal manipule la science. Éditions Multimondes, 2014. Pour entendre ce passionnant professeur de psychoéducation de l'Université de Montréal, voici une entrevue de Valérie Levée diffusée à l'émission de culture et d'actualité scientifiques Futur Simple à CKRL 89,1 le 29 janvier 2015.

L'article Le réveil du scepticisme de la journaliste Rachel Hussherr paru dans Le Fil - volume 51 numéro 17 - suite à la rencontre Combattre l'antiscience de la Chaire publique AELIES à l'Université Laval le 27 janvier 2016.