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Les tendances des diètes amaigrissantes

Le souhait de maigrir est devenu une résolution banale à chaque début d’année. En tant que nutritionniste spécialisée dans le poids corporel, j’ai parfois l’impression de frôler l’overdose de tous ces produits, services et moyens amaigrissants déguisés en programmes miraculeux de perte de poids.

Je fulmine lorsque j’entends à la télévision « notre méthode de perte de poids n’est pas un régime ». Ça m’énerve lorsque je lis sur internet « maigrissez au niveau du ventre » alors qu’une perte de poids ne peut pas être ciblée.

Dans ce billet, je vous confie mes plus récentes observations afin de demeurer critique à l’égard de l’industrie de l’amaigrissement.

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Blogue 09 janvier 2016

1. Notre régime n’est pas un régime

Une entreprise de produits, services et moyens amaigrissants utilise l’argument que sa méthode de perte de poids n’est pas une diète amaigrissante. Euh… Compter des points qui correspondent à des aliments revient à calculer ses calories et C’EST une diète amaigrissante! Cette entreprise tente de nous rassurer étant donné que 86 à 94 % des personnes qui suivent des diètes reprennent le poids perdu et que cette reprise du poids a des conséquences sur la santé.

2. Des bananes sans culpabilité

Avez-vous déjà vu l’étiquette « collation sans culpabilité » collée sur les bananes? Les spaghettis de tofu Shirataki s’affichent aussi « sans culpabilité » car ils sont peu caloriques. Ce genre d’étiquette vient moraliser nos choix alimentaires en catégorisant les aliments comme étant bons ou mauvais. Cette catégorisation n’améliore pas les choix alimentaires et peut même nuire à la relation avec la nourriture. Cette étiquette « sans culpabilité » ne semble pas destinée à aider le consommateur.

3. Un coach ou un conseiller improvisé

Si vous souffrez d’un cancer, vous consulterez un oncologue et non une personne qui a déjà souffert d’un cancer. Si vous avez une carie, vous consulterez un dentiste et non une personne qui a déjà eu un problème dentaire. Qui est la personne qui se permet de vous donner des conseils sur votre alimentation et votre poids? Une vedette ou une personne qui a déjà maigri n’est pas spécialiste de l’alimentation ou de l’obésité et sa méthode ne s’appliquera pas nécessairement à vous.

4. Des tentatives répétées

Les résultats d’une enquête québécoise ont montré que 45 % des femmes qui utilisent des produits ou services amaigrissants font plus de deux tentatives par année pour perdre du poids. Cette donnée suggère que si c’est toujours à recommencer, c’est que la méthode ne fonctionne pas. Avant de recommencer, il peut être profitable de se rappeler cette citation : « Si vous faites ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez ce que vous avez toujours obtenu ».

Pour 2014, le marché canadien de l’industrie de l’amaigrissement est évalué à 6,09 milliards de dollars américains, soit près de 8 milliards de dollars canadiens. C’est la seule industrie qui vit de ses échecs et dont le miracle se laisse toujours attendre.

Si certaines diètes amaigrissantes sont carrément farfelues, d’autres exigent un examen plus détaillé pour en déceler les failles. Je vous invite à utiliser la grille Évaluez une méthode de perte de poids afin de juger de la qualité de la méthode.

Les produits, services et moyens amaigrissants n’incluent pas l’utilisation des services professionnels tels que les consultations auprès de diététistes/nutritionnistes ou de médecins. Les mécanismes d’encadrement de ces pratiques sont très différents de ceux des produits, services et moyens amaigrissants et relèvent du mandat des ordres professionnels.

Association pour la santé publique du Québec. La face cachée et l’imposture des produits, services et moyens amaigrissants – État des lieux 2008-2014. 2015.

Ayyad C et coll. Long term efficacy of dietary treatment of obesity : a systematic review of studies published between 1931 and 1999. Obes Rev. 2000;1:113-9.

Mann T et coll. Medicare’s search of effective obesity treatments : diets are not the answer. Am Psychol. 2007;62:220-33. Enquête sur les méthodes de perte ou de contrôle de poids, 2003.

Sarlio-Lähteenkorva S et coll. A descriptive study of weight loss maintenance : 6 and 15 year follow-up of initially overweight adults. Int J Obes Relat Metab Disord. 2000;24:116-25.

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